Vaccination : un pour tous et tous pour un ! 01 décembre 2020

La vaccination est le moyen de prévention le plus effcace pour protéger individus et populations contre certaines maladies infectieuses graves. Mais mettre au point un vaccin est un processus long et complexe, et les enjeux actuels sont nombreux : améliorer les vaccins existants et en développer de nouveaux pour faire face aux maladies infectieuses émergentes et réémergentes.

S ’il est un produit médical qui ne laisse personne indifférent, c’est bien le vaccin! Jamais il n’y a eu une si grande attente pour de nouveaux vaccins. Contre le SARS-CoV-2 évidemment, mais aussi contre le VIH ou Zika. Et en même temps, un sentiment de défance se développe partout dans le monde contre des inoculations qui ont pourtant permis de sauver des millions de personnes depuis des dizaines d’années. Cette ambivalence existe même en France, mère patrie de la vaccination puisque c’est Louis Pasteur qui en a théorisé et appliqué le concept à la fn du XIXe siècle. Ainsi, en 2005, 90 % des Français avaient une opinion favorable au sujet des vaccins, contre 75 % en 2016, selon Santé publique France. Aujourd’hui, la recherche publique française est très active dans le domaine. Mais malgré une abondance de découvertes et de brevets, elle manque cruellement de moyens fnanciers pour mener à bien le développement complet de nouveaux vaccins.

Induire une protection durable

Les vaccins sont des médicaments préventifs contre les maladies infectieuses. Le principe consiste à inoculer à une personne en bonne santé une bactérie ou un virus rendu inoffensif, ou simplement un fragment de celui-ci, pour que l’organisme apprenne à le reconnaître et développe des défenses immunitaires. Si la personne est un jour réellement en contact avec le microbe naturel, son organisme sera prêt pour le combattre effcacement. Elle ne tombera pas malade ou beaucoup moins que si elle n’avait pas été vaccinée. Dans le cas des maladies infectieuses transmissibles, l’inoculation protège celui qui est vacciné, mais aussi les autres. Car plus une part importante de la population est traitée, plus la circulation du microbe est freinée et donc plus le risque d’infection et de maladie diminue pour les personnes non vaccinées par exemple les nouveau-nés, les personnes fragiles ou celles ayant une contre-indication à la vaccination. Cette stratégie a déjà permis d’éradiquer la variole, et pourrait bientôt conduire à la disparation de la polio. Il existe plusieurs types de vaccins : des vaccins vivants atténués, composés de bactéries ou de virus vivants mais non pathogènes car longtemps cultivés en laboratoire ou modifés par génie génétique; des vaccins inactivés, contenant des microbes neutralisés par des moyens chimiques ou la chaleur; ou encore des vaccins sousunitaires, contenant uniquement quelques fragments du microbe (en général des protéines de surface car elles sont les plus à même d’être reconnues par le système immunitaire). Les vaccins vivants atténués sont les plus effcaces : ils induisent une réponse immunitaire spécifque impliquant à la fois des anticorps (réponse dite humorale) et des lymphocytes (réponse dite cellulaire). Mais ils sont aussi les plus délicats à développer d’un point de vue industriel, avec des risques plus importants puisqu’il s’agit de manipuler un microbe pathogène vivant. À l’inverse, les vaccins inactivés et sous-unitaires sont plus simples à fabriquer mais engendrent une réponse immunitaire plus faible et/ou moins durable, c’est pourquoi ils nécessitent souvent l’usage d’ adjuvants .

De nombreux enjeux de développement

«Pour développer un vaccin, il faut toujours commencer par bien comprendre les mécanismes naturels de l’infection et de la réponse immunitaire de l’organisme», insiste Manuel Rosa Calatrava, directeur de recherche Inserm et codirecteur du laboratoire Virpath au Centre international de recherche en infectiologie (Lyon). Il est donc nécessaire d’identifer les anticorps naturellement produits par l’organisme contre le microbe, en particulier ceux qui permettent de le neutraliser et donc de bloquer la progression de la maladie tout en diminuant le risque de transmission entre individus. L’importance de la réponse immunitaire de type cellulaire, celle à long terme, doit ensuite être étudiée. « Il faut aussi s’interroger sur les enjeux sanitaires

 

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